Quelles chaussures choisir pour le grand voyage ?

Qui veut voyager loin achète la bonne chaussure !

 

Voyager c’est certes s’asseoir dans un bus, une voiture ou (plus rarement) un avion mais c’est aussi marcher. Marcher, crapahuter, randonner ou trekker. Et tout cela demande un peu d’organisation : il y a moins de place dans un sac-à-dos que dans une armoire : vous n’avez droit qu’une seule paire de chaussure.

Quelles chaussures acheter pour un long voyage ? 

Chaussures de trek, de randonnée, de trail, chaussures de marche (comme si les autres étaient faites pour patiner…), chaussures de montagne, de haute montagne ou de trekking, il y a de quoi remplir un dictionnaire.
Les marques sont nombreuses, les modèles aussi. Beaucoup de choix demande de faire LE bon choix. Pour cela vous devez porter attention aux éléments les plus importants : semelle, tige et laçage.

Quant à la forme, haute, mi haute ou basse, à chacun sa préférence.
Des chaussures hautes protègent mieux de toutes ces choses qui tentent de rentrer dedans lorsque vous marchez : sable, gravier, eau, brindille, sangsues, insectes…
Une chaussure montante donne aussi plus de stabilité à la cheville sur un sol « roulant » ou instable.

Attention aux produits super techniques.
Oubliez les archi-souples-super-légères-étanches-amortisseuses-de-chocs-tout-terrains. 
Des chaussures pareilles, ça n’existe pas. Si par malheur vous avez été séduit par le baratin du vendeur il y a fort à parier que ces merveilles vont se désintégrer en quelques semaines.<span style= »color: var( –e-global-color-text ); »>

Les chaussures sont l’élément le plus important de tout le sac

Commandos, forces spéciales, fantassins et autres troufions le savent, l’important, ce sont les pieds. Sans les pieds, on ne va nulle part. De mauvaises chaussures peuvent faire perdre une guerre. Alors imaginez l’impact sur nous autres pauvres mortels sous-entraînés en pleine progression sur les flancs du Cotopaxi ou du GR20 !
Que les choses soient bien claires : une bonne paire de chaussures, c’est la base.

1 – La semelle : accroche, accélération, adhérence et freinage

 

La première question d’un bon vendeur sera « c’est pour quel type de terrain ? ». Hélas, un un voyageur au long cours ne saura pas quoi répondre. Il faut un modèle tout-en-un  pour le monde entier : sable, cailloux, jungle, rocs, rues ou montagnes, tout ça en une seule paire !

Cette semelle est très importante. Elle isole le pied du sol (froid, chaud) et protège des cailloux, reliefs tranchants, clous, tessons de verre, etc.
Mais surtout, elle assure un bonne stabilité suivant le type de sol. Cette accroche est déterminée par le « cramponnage ». Comme pour les pneus de voiture. La gomme peut être dure ou tendre et il existe différents types de profil : plus ou moins larges ou profonds.

Sur un terrain mou fait de boue, terre molle, neige ou sable, une gomme tendre et un profil profond assureront une bonne stabilité. Elle permet à la chaussure de s’adapter au terrain qui se dérobe.
Sur un terrain dur fait de rocs, cailloux, sentier sec, pierres, un cramponnage à larges empreintes adhérera mieux au sol potentiellement glissant.

Accroche ou adhérence, quelle différence ? 

Pour une chaussure, accrocher c’est la capacité du profil à encaisser le relief et permettre au randonneur de progresser.
L’adhérence garantit à la semelle de ne pas glisser sur le sol.

Ces termes sont souvent utilisés indifféremment mais ils ont des sens différents. Prenez soin de poser la question au vendeur.

2 – La tige, cette partie qui recouvre le dessus du pied

Une tige bien conçue assurera le maintien. Son rôle est de bien tenir le pied, des orteils jusqu’à la cheville.
Mais ce n’est pas tout. Elle protège le pied de l’eau et ce n’est pas un détail anodin. Il suffit d’avoir marché avec des chaussures mouillées pour le savoir : l’eau est l’ennemi numéro un du randonneur.

3 – Le laçage

Ce sont les oeillets pour faire passer les lacets. Anneaux en métal ronds ou triangulaires, en textile ou en plastique, il existe différentes formes. A vous de voir celle qui vous convient le mieux pourvu qu’ils soient solides.
Un ou des crochets bloquants (le lacet ne coulisse pas comme dans les oeillets) assurent une bonne fermeture.
Le lacet en lui-même a son importance. Il est préférable d’investir dans de la qualité. Un lacet qui casse en plein trek se transforme en gros problème ! Rond, plat, automatique, l’important c’est aussi qu’il tienne bien le noeud. On le voit assez sur les chaussure bas de gamme : une fois noué, le lacet finit par invariablement se défaire, même avec un double noeud.

4 – Le pare-pierre

C’est le renfort au bout de la chaussure de trek. Tous les modèles sérieux le proposent… sinon, c’est une basket, une chaussure de tennis ou des tongs. Portez attention à sa hauteur et qu’il recouvre bien le bout du pied.

Choisir la bonne pointure de chaussures, c’est vital

  • Important à savoir (tous les vendeurs ne le savent pas et j’e n’ai fait la douloureuse expérience sur le chemin du Macchu Picchu) : prenez impérativement une demie taille de plus ! Faites le test, vous devez pouvoir passer votre pouce derrière le talon sans que les orteils ne s’écrasent au bout de la chaussure.
  • Une chaussure de marche un peu plus grande s’ajustera parfaitement en réglant le laçage.
  • Les chaussures de marche doivent être bien ajustées partout et surtout n’être serrées nulle part. La forme du bout de la chaussure doit laisser assez d’espace pour remuer les orteils.
  • Vous devez idéalement pouvoir passer votre pouce entre le plus long des orteils et le bout de la chaussure. Comme le pare-pierre ne permet pas toujours de faire cette vérification, poussez le pied au maximum à l’intérieur de la chaussure jusqu’à toucher le bout : vous devez pouvoir glisser votre pouce à l’intérieur de la chaussure, par le talon.
  • Il est recommandé de faire les essayages de la chaussure en fin de journée ou après une longue marche car les pieds ont tendance à gonfler. De cette manière vous pourrez être sûrs de toujours y être à l’aise.
  • Venez faire les essayages avec les chaussettes que vous porterez en voyage mais pas n’importe quelles chaussettes trop fines ou trop épaisses qui fausseraient la sensation d’ajustement du pied dans la chaussure de marche.
  • Si vous avez l’impression que les chaussures de marche sont à la taille idéale dans le magasin donc sur du plat, testez les sur des escaliers et n’importe quel plan incliné. C’est seulement de cette façon que vous pourrez savoir si ces chaussures de marche seront à la bonne taille sur tous les terrains.
    Dans le cas contraire, il y a de fortes chances qu’une fois sur la route vous vous déchirerez les talons dans les montées et les orteils et coussinets dans les descentes.
  • Soyez sûr de vous et à l’écoute de ce que vous ressentez dans la chaussure de marche. Si vous sentez une bosse, une couture ou quoi que ce soit de « bizarre », parlez-en au vendeur. Si c’est un spécialiste, il doit savoir à quoi cela correspond et donc savoir si cette gène peut entraîner des conséquences néfastes sur vos pieds. Ne vous contentez pas d’un « c’est normal, ça va se faire à l’usure« .
  • Il en va de même avec une chaussure de marche à la bonne taille en longueur mais trop juste en largeur, un vide important sur le dessus de la chaussure, etc. Il s’agit certainement de signes qui doivent vous alerter : il s’agit certainement de chaussures de mauvaise qualité ou qui ne sont tout simplement pas adaptées à vos pieds.
  • Et non, non et non, une sensation de gène dans la chaussure de randonnée ne va pas disparaître à l’usage ! Ce sont vos pieds qui vont devoir s’y faire à grand renfort d’ampoules et de blessures. Ce n’est pas à votre pied à s’adapter à la chaussure mais le contraire.
  • Ne prenez pas la route sans avoir testé vos chaussures. Une grande balade sur des terrains variés est suffisante pour savoir avec quelles chaussures vous allez partir. Dans le jargon on dit « casser » les chaussures et c’est vraiment mieux de faire ça à la maison plutôt qu’au beau milieu de la pampa. 

Des chaussures de marche qui protègent de l’eau, c’est essentiel !

Contrairement à une balade de week-end, des chaussures mouillées en voyage devront être réutilisées le lendemain…
Traverser un ruisseau, s’embourber ou se promener dans la jungle n’est plus un problème avec des chaussures étanches. Attention au certificat (Gore-tex ou autre), demandez bien au vendeur quelle est le degré de résistance à l’eau. Il existe différents niveaux d’étanchéité selon les marques, du basique au top du top :

  • Résistant à l’eau : une petite foulée dans une pelouse mouillée laisse le pied sec.
  • Etanche Goretex (le top) permet de marcher, la chaussure immergée dans l’eau (ras la tige évidemment) au moins 15mn sans laisser pénétrer l’eau.

Attention à la languette : bien rembourrée et reliée directement au laçage elle permet vraiment de traverser un ruisseau. Si la tige est étanche mais qu’à la moindre flaque, l’eau passe par-dessus ou à travers le laçage, le joli logo waterproof ne sert plus à rien !

Des pieds qui respirent bien, c’est mieux

Si la tige protège de l’eau elle doit aussi évacuer l’humidité du corps. Autrement dit, elle doit laisser respirer les pieds. Ce n’est pas une découverte, tous les humains, même Brad Pitt, transpire des pieds. Confiné dans une chaussure humide, la peau va se ramollir et devenir plus fragile aux blessures et champignons et dégager de mauvaises odeurs.

Pieds dans le sel, Salar, Uyuni, Bolivie

Où trouver vos chaussures de marche de rêve ?

Vieux campeur, Décathlon ou magasin spécialisé, on trouvera de bonnes chaussures partout mais il faut trouver celles qui vous conviendront le mieux.
Si vous pensez faire des randonnées techniques ou difficiles, il est préférable de se diriger vers un magasin plus orienté « montagne ». En général, les vendeurs en savent un peu plus que dans les supermarchés. L’assortiment est plus large et la qualité présentée est supérieure.

Pourquoi choisir ses chaussures de marche en se fiant à une marque prestigieuse n’est pas toujours une bonne chose

C’est assez surprenant mais c’est vrai : nos pieds sont plus « adaptés » à une marque de chaussures plutôt qu’à une autre. En effet, chaque marque a ses propres modèles et ses propres méthodes de production. Il est donc important d’essayer plusieurs chaussures de marche venant de différents fabricants avant de faire son choix.

Les conseils des autres baroudeurs ne seront pas d’une grande utilité. Votre poids, la forme de vos pieds et même votre façon de marcher est différente. Les chaussures idéales du randonneur X ne le seront pas pour vous.

Une marque de chaussures de marche de renom peut aussi être décevante à l’usage

Il est regrettable que de nombreuses marques produisent à bas prix dans des pays lointains et la qualité est mauvaise. Ces chaussures là sont très jolies dans la vitrine, bluffante la première semaine et piteuses les 3 mois suivants, après cela elles sont bonnes pour la poubelle.
On voit de plus en plus de modèles de qualité supérieure vendus des prix indécents se désintégrer au bout de 6 mois. Le voyageur y aura mis le prix, croyant acquérir des chaussures fiables. Hélas, la déception peut aussi être au rendez-vous. 

Renseignez-vous sur la durée de garantie et n’hésitez pas à faire une réclamation. Si le fabricant est renommé il y a de fortes chances qu’ils vous dédommage avec un bon d’achat. Mais pour cela vous devrez présenter la facture. N’oubliez pas de la scanner et de l’enregistrer dans vos documents de voyage.

Les trucs en plus

  • Si vous transpirez beaucoup, investissez dans des semelles spéciales et de bonne qualité pour vos chaussures de marche. Pour vos voisins de dortoirs ou l’hygiène de vos chers souffrants, c’est primordial.
  • La plupart des chaussures de randonnée sont pourvus d’une petite languette à l’arrière. Utilisez-là pour transporter vos chaussures à l’aide d’un gros mousqueton. Vous les accrocherez au sac à dos quand vous les transporterez.
  • Un double nœud, c’est mieux. Premier nœud horizontal,deuxième nœud vertical et vous ne marcherez jamais sur vos lacets.

A lire aussi pour bien préparer son voyage

Un sac à dos, c’est important !  Pour qu’il devienne votre compagnon fidèle, votre boîte à outils, votre refuge, comment bien le choisir ? A quels détails faut-il prêter attention ?  Tout est important, vous allez le porter et le transporter partout !    

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