Coup de blues du voyageur : quand on commence à rêver de fromage

Découvrir de nouvelles cuisines est un vrai plaisir, mais parfois, la nostalgie de la cuisine française se fait sentir : c’est le coup de blues gastronomique !

 

Il y a des pays dans lesquels la gastronomie est assez répétitive. Le dépaysement, l’appétit de découverte fait que l’on s’en plaint rarement. Si l’on va voir ailleurs, c’est bien pour goûter à de nouveaux plats ! Pourtant, le coup de blues peut nous arriver sur le bord de l’assiette ou le bout des baguettes

Lorsqu’il s’agit d’un très long voyage type tour du monde ou d’une année sabbatique, la lassitude peut commencer à se faire sentir.
Il en va ainsi pour le riz en Asie.
Pour un trek de trois jours il faut dix kilos de riz pour cinq personnes.
Depuis, je vois des montagnes de riz dans le paysage, parfois, dans le ciel, dans les lacs, dans mon assiette du dîner, mon bol de petit-déjeuner, mon lunch de midi… du riz blanc, collant, gluant, sucré, à la banane, à la noix de coco, au piment, aux légumes, frit, en bouillon, en soupe, en crêpe, en alcool, du riz, du riz et encore du riz.
Je rêve d’entrecôte, de cassoulet, de tartiflette.
J’ai mangé du riz pour le reste de ma vie…

Quand des français se rencontrent au bout du monde, ils ne parlent que de ça : la bouffe, la bouffe, la bouffe

 

Le fantasme absolu ici, c’est le chocolat
Ah! Un fondant au chocolat…
Des truffes…
On ne le sait que trop peu, c’est la recette aphrodisiaque par excellence.
Les pauvres, ils ne savent pas ce qu’ils ratent ! Je n’ose pas leur expliquer ce qu’est le vrai bon chocolat, ce serait indécent. Il serait vraiment déplacé de parler de ces choses là, ce serait comme tenter d’expliquer le plaisir charnel au pape.
Pareil pour le fromage.
Dans les moments de blues affreux, on se met parfois à fantasmer sur un plat, une rondelle de saucisson, un dés de conté…

J’attendais parfois avec impatience de remanger du vrai pain craquant dehors, moelleux dedans, et surtout, surtout, de retrouver quelque chose qui ressemblerai à du fromage

 

Rien que d’y penser j’en avais l’eau à la bouche. Un vrai coup de blues !
Je voyais des Saint Félicien, du Beaufort bien jaune, du Brillat-Savarin dans son manteau blanc velouté, du Brie de Meaux parfumé, du camembert au lait cru, moulé à la louche…
Ah !, et du vin aussi. Du bon vin plein d’arômes de fruits, charpenté, boisé, du vin de chez moi quoi.

Le problème des français en général est, bien que nous n’en ayons pas conscience, nous sommes trop gâtés par le choix, la diversité et le savoir-faire gastronomique.

Alors que faire ? On envoie pas tout balader pour une baguette ou une tarte tatin non ?

 

Dans ces moments de faiblesse, il ne faut pas hésiter à pactiser avec le diable : se rendre dans un restaurant à touristes pour combattre ce coup de blues gastronomique !
Avec de la chance et en sabotant un peu le budget on accédera à un repas « à la française » avec un petit verre de vin.
Avec un peu de chance il sera mauvais, largement en dessous de l’original dont nous avions l’habitude et sera facturé trop cher. Une fois la déception passée, on rêvera alors, couché dans son petit lit d’hostel, du repas qui nous attendra en France, mitonné par la famille ou par les copains et on se réveillera le lendemain paré pour de nouvelles aventures. On repartira alors vers les marchés locaux avec bonheur et on se délectera de sauterelles et de soupe savoureuse pour quelques centimes.

Mon rêve de repas à mon retour se composait de Croze-Hermitage sombre et élégant, d’un énorme steak épais de 5 cm, d’un beau morceau de Roquefort, de pain au levain craquant et de mousse au chocolat démoniaque, noire, crémeuse et légère à la fois. Mais surtout, plus jamais de riz : de magnifiques patates sautées !

Le coup de blues en voyage, ça existe !

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