Hollande

Hallo Holland, bonjour Hollande !

 

La Hollande est un pays particulier pour moi. La première fois que je lui ai rendu visite, j’avais 11 ans. Nous étions allés passer Noël chez des amis. Ce fut mon premier grand voyage.
En arrivant là-bas, je ne connaissais de la Hollande que le fromage et les tulipes.

C’était Noël et les hollandais avaient décoré leurs bancs de fenêtre de bougies. Les portes étaient ornées de couronnes de houx nouées de rubans rouges. J’étais au pays du père Noël !
C’était un hiver très froid. Les plaines de ce plat pays étaient intégralement recouvertes de neige. On ne voyait ni murs ni barrières.
La mer du Nord charriait des blocs de glace cet hiver-là. Un mois de décembre exceptionnellement froid à en croire l’incrédulité des hollandais d’aujourd’hui à qui je raconte cette histoire.

Mais c’est une histoire vraie, nous l’avons filmé en super 8 avec la caméra dernier cri de cette époque.

La Hollande avait tout d’un pays magique

Dans la voiture familiale, je regardais défiler des champs à perte de vue, plantés ça et là d’un moulin muet.
N’étant jamais sortie de mon pays, les surprises ont été de taille. L’architecture des maisons déjà. Basses, pas plus d’un étage et longues, spacieuses. Des fenêtres immenses, de véritables vitrines ! Même pas calfeutrées de lourds rideaux, au contraire. Les rideaux léger de dentelle blanche couvraient à peine un quart de la vitre. On pouvait voir ce qu’il y avait «dans » la maison, un comble pour une habitante de la banlieue parisienne.
La Hollande à complètement changé ma vision du monde, de la société.

A l’assaut de la gastronomie hollandaise

Au petit déjeuner nous avions de la charcuterie, des œufs, du fromage de Hollande, évidemment, à découper avec une mandoline-cuillère bizarre. Il y avait aussi un drôle de fromage inconnu à tartiner amoureusement sur du pain noir. Notre pain-beurre-confiture est tombé en disgrâce pendant des mois !
Un vrai brunch en quelques sortes. Dans les années 70, on ne savait pas ce que c’était. On ne connaissait même pas ce mot, encore moins le concept. Mais ce n’était réellement un brunch, c’était le petit déjeuner de Hollande, c’est tout.
Le rythme des repas étaient complètement chamboulé. Le dîner à 18h et la soirée se passait à boire du thé et à papoter dans les canapés.

La Hollande que j’ai découverte il y a fort longtemps m’a laissée abasourdie : c’était un pays tellement sûr et tranquille !

Nous sortions avec les enfants du village le soir. Aucune angoisse des parents à nous laisser sortir sans chaperon dans la nuit noire. Il y avait une salle dédiée aux jeunes. Nous y faisions des boums en buvant des sodas, tout le monde était gentil, tranquille. Il me semblait que tous les gens que je rencontrais étaient blonds blonds blonds, blancs blancs blancs et grands grands grands.
Les journées se passaient dehors à faire de la luge dans les champs et à rendre visite aux poneys revêtus de leur pelage laineux et épais. J’avais l’impression que les chevaux étaient sauvages, qu’ils étaient libres. Ils trottaient joyeusement dans la plaine, soufflant des nuages de fumée par les naseaux. Trapus et massifs, ils ressemblaient alors à des locomotives lancées à pleine vapeur dans les champs silencieux. De retour à la maison « la plus belle du monde », épuisés et gelés, nous enfilions des vêtements en pilou super doux et avions droit à du chocolat chaud ou du lait au caramel.

En Hollande, les villes étaient élégantes et calmes, rien à voir avec Paris !

Et puis il y avait les villes « anciennes ». Des bâtisses de pierres nobles, élégantes et des canaux partout ! Des châteaux tous droits sortis d’un livre de conte, des gens à bicyclette, des berges tranquilles. Et tout était tellement propre.La faïence bleue était omniprésente, assiette, bol, chope de bière, en décoration sur les murs…

La Hollande d’aujourd’hui

Cette Hollande a bien changé depuis. Elle n’est pas moins belle. J’y suis retournée plusieurs fois pour le savoir. Des hollandais toujours aussi gentils, tranquilles. Des canaux romantiques, des parcs plantés de tulipes. Amsterdam est grandiose, Groningen, Delft ou Rotterdam aussi. Les voyageurs d’aujourd’hui trouveront la Hollande belle-belle-belle mais pour moi elle reste « à la vie à la mort » un pays enchanté.

Dank je Holland, tot ziens !
Merci Hollande, au revoir et à bientôt !