Jeune ou moins jeune, le voyage est fait pour tous !

Choisir une vie « hors-norme » n’est pas un choix aisé. Il faut parfois faire face à d’acerbes jugements ou commentaires. L’ostracisme envers les plus âgés en fait partie

 

En voyage on rencontre des locaux mais on rencontre aussi beaucoup d’autres voyageurs. Impossible de faire un portrait type, ils viennent des 4 coins du globe, de toutes les couches sociales. Ils sont gays, lesbiennes, hétéros, de religions différentes, de styles variés, timides ou tapageurs, frileux ou téméraires, grands ou petits, riches ou pauvres. Le monde dans toute sa diversité. Un trait commun cependant et pas des moindres : ils sont jeunes.

Ils ont entre 20 et 30 ans… et vous en avez 50

Cette génération d’écart entraîne parfois des réactions inattendues : on se retrouve isolé des autres voyageurs. Ils ne sont pas si nombreux que ça, ils sont même rares en proportion, mais ils renferment un ostracisme violent auquel tout le monde n’est pas prêt à réagir.
Partir en vadrouille au bout du monde à 50 ans ce n’est généralement pas pour « s’éclater » avec une bande de jeunes et retrouver sa jeunesse.

Mais lorsqu’il s’agit de partager une voiture pour découvrir un site, réunir un groupe pour limiter les frais ou s’entraider, la communauté du voyage est précieuse. 

Un ostracisme anti-vieux surprenant à l’autre bout du monde

 

J’ai quelquefois constaté que ma présence mettait ces jeunes voyageurs mal à l’aise et que ma présence n’était pas souhaitée. Pas d’invitation à joindre le groupe pour aller boire un verre ou explorer les environs. J’étais mise « à part » alors que la plupart du temps, le mélange se fait naturellement.
A l’évidence, ces jeunes-là ne souhaitaient pas que je me joigne à eux. Pourquoi ? Je me suis remise en question. Mon attitude ? Mon discours ?
Que nenni ! Pauvre de moi, c’était à cause de mon âge !
J’avais pour mon malheur, l’âge de leurs parents ! Et la dernière chose que souhaitait cette jeunesse avide d’aventure, c’était bien de se retrouver avec une représentation  maternelle.

Non, ce n’est pas de la paranoïa ni une vue de l’esprit : il y a bien une barrière anti-vieux

 

Ces situations embarrassantes rendent fou. On ne sait jamais si elles sont le fruit de notre imagination ou pas. Ce n’est qu’un ressenti après tout, il peut être erroné. Il en va de même pour le racisme. Le serveur est débordé, il a oublié de servir l’étranger alors que les autres arrivés après lui ont eu leur café en express. Mouai. Peut-être. 

Inutile de chercher une preuve, ceux qui ne sont pas dans la même situation que la « victime » noieront le poisson dans le café, c’est certain. Peu seront prêts à reconnaître qu’effectivement il y a une différence. Il faudrait pour ça des cris, du sang, du scandale et que ça passe au JT.
Et puis ce n’est pas systématique, quotidien. La plupart du temps, tout se passe bien, alors de quoi te plains-tu ? 

Lorsque parfois je sentais un certain malaise, j’ai souvent entendu que « c’était dans ma tête ». Mais je n’ai rien imaginé. J’ai été qualifiée de « old one » (la vieille). J’ai entendu : « le monde ira mieux quand l’actuelle génération au pouvoir (la mienne) sera morte« , « c’est mieux que tu ne viennes pas« , « alors comme ça on fait sa petite crise de la 40aine ?« … Des silences embarrassés, des fuites et quelques largages.

Comment réagir face à l’ostracisme ?

 
Etre d’une nature très indépendante, reposer sur ses deux jambes, posséder un mental solide en voyage est d’une grande utilité.
  • Faire face au problème et en parler. Dire ce que l’on ressent sans être agressif est un bon début. « Je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que ma question/ma présence vous met mal à l’aise/vous dérange…« .
  • Si effectivement vous n’êtes pas bienvenu(e), dites ce que vous pensez et passez à autre chose. Il est inutile de s’échiner à convaincre ce genre d’individu. Votre constatation et votre réponse fera son chemin et qui sait, aboutira à une remise en question. Votre courage à demander des explications peut faire tomber les barrières.
  • Donner de la valeur à ce qui a de la valeur : souvenez-vous des personnes positives et bienveillantes ouvertes au partage, à la mixité sociale et à l’aventure.
  • Relativiser : dites-vous que vous avez démasqué ces personnes fermées et obtuses à temps. Heureusement que vous n’avez pas réservé ce trek de 4 jours avec elles !

Yes you can, Ô Mama !

 

J’ai grand espoir que tout celles et ceux qui liront ces lignes y trouveront l’inspiration, l’assurance pour faire ce que vous avez envie de faire.

Réduire au silence les mauvaises langues qui vous susurrent que maintenant, votre place est derrière les fourneaux à préparer le poulet du dimanche midi !  

Vous passerez certainement par des moments de doutes et devrez combattre la malveillance, la jalousie de ceux qui veulent vous garder là où ils estiment que vous devez rester. Ne vous découragez pas.

J’espère contribuer à changer le regard que certains portent sur les plus de 40 ans.
J’espère aussi rassurer ceux et celles qui voudraient bien changer de vie mais qui ont peur de se retrouver seuls.

Vous mettrez le cap vers d’autres horizons et explorerez d’autres territoires. 
Vous n’aurez pas besoin de beaucoup de force car voyager, c’est facile ! 
Le plus difficile sera de prendre la décision de vous lancer à la découverte du monde.

Encore un dictat à dégommer : Le voyageur idéal est jeune, sportif et mince

 

Je salue bien bas la guerre déclarée aux dictats de la mode. Place aux ronds et rondes, aux poils, aux maigres, aux roux, aux petits !
Longtemps nous avons dû supporter l’idée que pour être heureux, il fallait être « comme sur la photo ». Et quelle souffrance ! 
C’est un peu pareil pour le voyage au long cours ou le nomadisme : l’image idéale du voyageur-voyageuse baroudeur-baroudeuse est jeune, cool et sportive.

Une représentation du voyageur au long cours aussi idéalisée qu’erronée

 

Le web est rempli de photos de jeunes explorateurs, les bras ouverts sur l’horizon, tous ensembles à faire la fête dans un bar pouce levé ou posant devant les monuments.
C’est bien joli de poser pour Instagram pour rendre jaloux les copains mais nous sommes souvent loin de la réalité. 
Une très grande partie des publications traitant de long voyage mettent en scènes des moins de 30 ans. Cela renforce l’idée que le voyage n’est fait que pour une certaine partie d’entre nous.

Ne croyez pas en ces fadaises. Vous avez droit à plusieurs vies.

Mesdames et messieurs, si vous avez encore l’ombre d’un doute, sachez que vous rencontrerez beaucoup de bienveillance et des personnes prêtes à vous aider en cas de besoin !

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Non, le monde n’est pas rempli d’ennemis. Soyez préparé au 1% de malveillant qui sévit dans ce bas monde mais soyez surtout prêts à renvoyer un sourire aux 99% restants !

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