Vietnam

Le nom Vietnam évoque bien des images. La Baie d’Along, la soupe de nouilles, les trois guerres qui ont secoué ce pays, les jonques glissant sur l’eau, les tuniques de soie chatoyantes…

 

Ce portrait est un des plus difficiles à retranscrire car mon voyage au Vietnam fut ponctuée d’expériences pour le moins variées. 

Xin chào Việt Nam, tôi tên là Christine, tôi là người Pháp, rất vui được gặp bạn!

 

J’ai choisi de dire toute la vérité, rien que la vérité ? Alors c’est parti !

Un voyage au Vietnam se fait souvent sous le signe du billet de banque

 
Les vietnamiens sont extrêmement déroutants. Leur quotidien est très axé sur l’argent, la possession. Les conversations tournent en permanence autour du prix des choses. Qu’il s’agisse de crevettes, de chaussettes ou d’une tablette, on vous demandera avant toute chose « combien tu l’as payé ? ». Et ce, que vous soyez étranger ou natif du pays.
 

Arnaques, mensonges et compagnie : le Vietnam a une philosophie bien à lui concernant les visiteurs étrangers

 

Le fait d’arnaquer un visiteur, d’où qu’il vienne, est une pratique tout à fait normale, légitime, acquise. Ils ne se sentent ni honteux, ni dans l’illégalité, ni dans l’offense. 
Si vous tentez de débattre de ce sujet délicat, ils lèveront un sourcil étonné et concluront « c’est normal que tu payes plus ! Tu as beaucoup d’argent ! ».
Il ne s’agit pour eux proprement d’arnaque ! Vous allez payer le double ou le centuple du prix exigé pour les locaux, c’est normal. 

Au Vietnam, les rapports avec les étrangers sont dominés par l’argent

 

Quand ils en ont, il existe presque toujours 2 menus au restaurant : un pour les locaux, un pour les touristes. Les prix y sont bien sûr très différents.
Quand il n’y a pas de menu et qu’il n’y a aucun moyen de connaitre le prix réel, c’est là que l’aventure commence. Si vous tentez d’observer en douce combien payent les autres clients, ils se tournent de manière à ce que vous ne puissiez pas compter la monnaie qui leur est rendue. 
Si vous demandez aux clients « combien as-tu payé pour ça ? », le vendeur leur intimera le silence. 
Inutile de faire jouer la concurrence pour négocier le prix d’une chambre. L’employé du premier établissement visité s’empressera d’informer les autres hostels du prix qu’il a exigé. Ils n’hésitera pas à vous suivre dans la rue pour s’assurer que vous n’obtiendrez pas de meilleur tarif.

Attention au chantage au passeport, au Vietnam c’est une arnaque récurrente

 

L’hôtel exigera toujours et sans condition de garder votre passeport jusqu’à votre départ. Certains, au moment du départ, gonfleront la facture et ne vous rendront le précieux sésame qu’une fois l’argent empoché. « Tu as mal compris, le tarif n’inclut pas ci ou ça »… Inutile de discuter, si vous voulez le récupérer, il faudra payer.

Fait rare en Asie mais pas au Vietnam : la violence physique ou verbale est courante 

 
 Je n’ai visité nul autre pays d’Asie où les habitants sont si propices à en découdre physiquement avec un étranger pour une poignée de dongs. 

Ils peuvent être menaçants, violents dans certains cas. Un jeune allemand s’est retrouvé menacé d’une bouteille brisée par un batelier, au beau milieu du gué afin d’obtenir plus que la somme négociée avant d’embarquer. Le différend s’est réglé à coup de poing dont l’Allemagne est sortie gagnante. Mais le couple de voyageur a dû quitter le Vietnam en urgence. Les autorités l’ont clairement affirmé : elles n’étaient pas en mesure d’assurer la sécurité de ces voyageurs en cas de représailles.
C’est sûr, ça refroidit.
Ces cas-là où le rapport devient violent (j’en ai bien d’autres sous le coude) ne sont pas  pas rares.

Vol avec insolence : le Vietnam montre parfois le pire visage du tourisme

 
Le vol pur et simple, avec ou sans violence (à l’arraché, sous la menace, bagages disparus, chambre forcée…) est une menace constante. Elle finit par vous rendre complètement paranoïaque. On se retrouve à descendre à chaque arrêt du bus pour vérifier que personne ne s’empare de vos sacs, on recompte et on contrôle tout, tout le temps.

Les échanges ne sont pas, dans leur majorité, plus chaleureux que ça. 
Les vietnamiens savent parfois faire preuve d’un mépris cinglant envers les « farangs » (les occidentaux) et leur infligent des avanies qui les laissent pantois et désarmés.
C’est de loin le plus amer : on vous arrache les billets ou le portable des mains et on se moque de vous par-dessus le marché.

Bagarre autour du pourboire : au Vietnam on ne plaisante pas avec ça

Je ne connais aucun autre pays où le harcèlement touristique est aussi violent. Le prix fixé au départ ne vous mettra pas à l’abri des conflits. Une fois la balade terminée, on se retrouve harcelé sans ménagement pour obtenir un pourboire. Le sourire engageant du départ se transforme alors en visage menaçant. Payer pour la balade n’est jamais suffisant. Il faut donner en plus et si vous tentez de vous dérober même pour de bonnes raisons, vous aurez du fil à retordre avec des locaux. Insultes, intimidations, bousculades, tout est bon pour obtenir davantage. 
Une fois l’argent en poche, n’espérez aucun remerciement. Vous serez traité comme un déchet, l’au revoir se transforme en « Ra ! », en bon français ,« dégage ! ».
 

Une arnaque vietnamienne bien huilée : la Baie d’Along

 
Une croisière dans la baie d’Along ? Cette merveille du monde est tenue par une véritable mafia. A peine arrivé à Hanoï, l’hôtel vous mettra le grappin dessus pour vous vendre l’excursion et ne vous lâchera plus jusqu’à l’achat. Il sera difficile de trouver d’autres offres. Les autres agences de voyage vous demanderont d’entrée « quel est ton hôtel« . Si votre pied à terre vend le tour à la Baie d’Along, vous lui appartenez et les agences ne vous vendront rien.
Les belles photos de repas opulents et de cabines confortables ne seront pas au rendez-vous. A bord, tout devient payant. Vous ne pourrez même pas emporter votre bouteille d’eau, il faudra payer pour l’embarquer. Vous payerez un supplément pour le tour en kayak « inclus » dans le forfait car celui-ci se limite à 5m autour du bateau. Si vous vous éloignez de la zone, on vous demandera de payer l’extra.
Vous partagerez une assiette de frites entre 6 personnes et ne pensez même pas à demander du rab. 

A la découverte du "vrai" Vietnam

Le Vietnam c’est beau, les vietnamiens… ça dépend

 

J’ai traversé le Vietnam en moto de Hanoï à Ho Chi Min. Je suis passée par nombre de villes et villages, à la rencontre des « vrais » vietnamiens, loin des lieux touristiques, curieuse de leur culture et de leurs traditions.
J’ai superbement ignoré les récits calamiteux des autres voyageurs en gardant en tête de faire ma propre expérience du Vietnam. Je dois reconnaître, hélas, que beaucoup avaient raison.
J’ai aussi rencontré des étudiants curieux, des mères de famille chaleureuses, généreuses, des chauffeurs sympas ! Sur ma route il y a eu d’adorables familles, ouvertes, bienveillantes et respectueuses. Mais ces expériences ne me permettent pas de rétablir la balance.  
La culture est riche, l’histoire passionnante, la gastronomie savoureuse. Mais les relations sont trop souvent empreintes de vénalité et de mépris. Et c’est très dommageable.
J’ai résisté à bon nombre d’escroqueries et de dangers : de la police corrompue, au guide véreux, un accident spectaculaire avec un bus, une tentative de vol à l’arraché et des menaces. Ca fait beaucoup pour un seul pays. 

Au Vietnam il y a beaucoup à apprendre, beaucoup à voir

 

Mais que faire sinon aller au bout de l’aventure. Je me suis refusée à claquer la porte et me suis entêtée. En faisant une croix sur l’échange avec les habitants au final, j’ai vu de belles choses. 
J’ai visité le musée de la guerre d’Ho Chi Min, non pas une fois mais deux. J’ai été saisie par le courage de ce peuple, sa force à résister aux dominations occidentales, sa combativité. La bravoure des femmes et leur résistance au dur labeur m’ont profondément touchée. 
J’ai littéralement fondu devant la finesse de leur artisanat. La beauté des laques, de la soie, des objets sculptés.
J’ai adoré leur café si particulier, j’ai englouti les soupes, les Bao, les Banh Mi « opla » (au plat, avec un œuf)». J’ai savouré les crêpes Banh Xeo, les magnifiques Banh Bao immaculés fourrés de légumes et de viande sur le bord du chemin.
C’était beau, c’était, bon, c’était bien, je l’affirme sans l’ombre d’un doute.

Parfois en voyage, il faut être magnanime et ne se souvenir que des belles choses

 
Il serait injuste de partir sans partager ce que le Vietnam a de plus beau. La cité de Hué et ses extraordinaires palais aux portes d’or trônant devant des lacs plantés de lotus. 
Les enfants riant à la chasse aux crabes sur les plages, le col des nuages (Hai Van Pass). 
Nim Binh, la baie d’Along terrestre, à bord de barques conduites uniquement par les femmes, actionnant les rames avec les pieds. Quel silence ! Quel beauté ! C’est comme rentrer dans le monde secret d’un conte.
La beauté des femmes, altières et fières, avec cette démarche si particulière qui donne l’impression qu’elles glissent sur le sol comme des fées. Vêtues de l’Ao Daï soyeux aux couleurs acidulées, elles incarnent l’élégance suprême.
Le musée de la guerre d’Ho Chi Min est selon moi, un des musées dédiés à la guerre le plus touchant qui soit. La façon dont nous est racontée cette partie de l’histoire, la simplicité avec laquelle on suit son fil, fait qu’on en ressort abasourdi et furieux, prêt à s’engager pour éradiquer toute forme de guerre sur terre.
Le prodigieux musée de femmes aussi ! Les combats qu’elles ont menés, la découverte des traditions, leur inaltérable beauté, l’incroyable richesse de leurs tenues traditionnelles.
Les rues d’Hanoï grouillantes, la circulation folle, les montagnes tranquilles et fraîches de Dalat.
La douceur de Hoï An qui, une fois n’est pas coutume mérite largement son surnom de petite Venise. Les lanternes multicolores sur les ponts, les cerf-volants, une jeune femme en robe de mariée marchant sur la grève…
 

Cảm ơn Việt Nam, tạm biệt, hẹn gặp lại!

Vietnam

Flickr Album Gallery Powered By: WP Frank

Et si on visitait le Laos ?

Au Laos il n’y a pas de plage bétonnées plantées d’hôtels de luxe.  Si le voyageur vient au Laos, c’est pour sa culture, son patrimoine, sa nourriture, et surtout, ses habitants…