Le Caire, c’est super !

La plupart des visiteurs passent au Caire en coup de vent. C’est une grande injustice car cette ville est vraiment passionnante, authentique et remplie d’histoire

 

C’est toujours le même parcours : ils arrivent à l’aéroport, visitent les pyramides, le musée égyptien, le souk d’Al-Khalili et les voilà déjà partis pour Louxor. Pourquoi donc personne ne prend le temps de découvrir le Caire ?
Les réponses plausibles sont diverses et vraies pour la plupart. Mais ce n’est pas une raison de s’entêter un peu, car au delà de tout ce qu’on lui reproche la magnifique capitale d’Egypte vaut toutes les attentions.

Mais que te reproche t’on Ô Cairo ?

Tout d’abord Le Caire est considérée comme une une des villes les plus polluées qui soit. C’est vrai, la ville est dominée d’un nuage opaque qui noie les pyramides dans la brume (de loin).
On dit aussi que le centre ville est peu attractif. C’est faux bien sûr mais il faut reconnaître qu’il est assourdissant, c’est vrai. La circulation y est démentielle, anarchique et le klaxon chante en continu. Les embouteillages sont inextricables en fin d’après-midi et étouffent la ville dans les gaz d’échappement. Le flot permanent de voiture rend l’exploration piétonne vraiment fatigante.  
Les trottoirs sont parfois inexistants et très encombrés. Par les égyptiens déjà, mais aussi par les vendeurs qui disposent leur stock sur le sol ou encore les mendiants qui dorment là. 

Le Caire à bien des visages. Il faut chercher la beauté de cette cité dans le coeur de la vieille ville

Les bâtiments, neufs ou anciens sont gris, marrons, taupes, tout sauf blancs, clairs ou colorés. L’Egypte est un pays désertique, 95% de son territoire c’est sable ou cailloux. Le Caire subit donc les vents chargés de poussière et parfois même des tempêtes de sable. La ville est gigantesque, tentaculaire. De toutes parts se construisent des banlieues gigantesques, le Caire à deux visages. Celui du Nil et de ses hôtels de luxe et la ville basse. C’est bien sûr le côté populaire qui est le plus intéressant mais de nombreux visiteurs craignent de s’y aventurer. La faute aux infos qui brossent un tableau peu flatteur et finissent par une touche d’attaque terroriste. C’est faux, le Caire n’est pas une ville dangereuse.

Le Caire, c’est l’enfer, y’a rien à y faire : Bôôô, c’est pas vrai d’abord ! 

La seule chose compliquée ici, c’est de savoir quel nom donner à la deuxième plus grande ville d’Afrique. Al-Qāhira, El-Qāhéra ou Masr (qui veut dire Egypte en arabe) ? Faisons-lui le plaisir de la nommer de la plus belle façon, Al-Qāhira qui veut dire La Victorieuse.
Le Caire est une ville passionnante. Elle dégage une énergie folle. 22 millions d’habitants, ça fait du monde et la ville est immense. Les égyptiens se lèvent tard et se couchent tard. Rien ou presque n’est ouvert avant 10h du matin mais le soir tombé, la cité est grouillante de vie. Les terrasses sont pleines, les vendeurs de glace sont dans le rush et les trottoirs affichent complets.

Dans la basse ville, de Talaat Harb à Emad el-Deen, les cinémas se pressent les uns à côté des autres. Voir un film égyptien (le Bollywood oriental) dans une salle minuscule est une immersion culturelle formidable.
Visiter le musée égyptien, c’est bien. Mais les mosquées, et elles sont nombreuses, valent largement l’effort de porter une robe-tente et un foulard le temps de la visite, elles sont très belles.

Le Caire réserve des surprises à chaque fois que l’on met le nez dehors : l’architecture est d’une richesse folle

Les immeubles ont été majoritairement construit au XIX et XX siècle. Le long des grandes artères se dressent des immeubles haussmanniens, néo-renaissance, néoclassique, néo-arabisance et même Art nouveau. Et ce n’est qu’un rapide inventaire de ces siècles. L’architecture islamique, mamelouke, arabe ou tout simplement moderne se bousculent. C’est une découverte en continu, les ruelles cachées, les enseignes de 1950 en français, l’intérieur des bâtiments, les ascenseurs et les balcons rendent la balade différente à chaque fois.  

Et les cairotes, comment accueillent-ils les étrangers ?

Dans l’écrasante majorité, les habitants du Caire sont extrêmement gentils et serviables. Il est impossible de ne pas en parler : ils sont très souriants et étonnement joyeux. Ils prennent vraiment soin de leurs visiteurs. En général ils se démèneront pour trouver un traducteur, ils vous accompagneront dans le métro, dans les microbus et il n’est pas rare de se faire offrir un thé en terrasse. 
Les quartiers et ruelles autour des grandes artères sont populaires et le marcheur à plus de risques d’y faire de belles rencontres que de mauvaises. Les habitants ne voient pas souvent d’étrangers, ils se feront une joie de bien l’accueillir. De rues en avenues, de places en souk, l’étranger est salué en permanence par des welcome et des sourires. 
Le voyageur timide ou farouche devra se faire une raison. Les cairotes sont curieux comme des fouines et s’inviteront à la conversation, à l’échange et prendront les choses en main sans qu’on ait besoin de leur demander quoi que ce soit.
Si l’on souhaite un peu de calme, il suffit de dire la, shoukran avec un sourire. 

Les égyptiens du Caire n’aiment pas qu’on importune ses touristes et ils abhorrent les voir inquiets ou menacés

En cas d’esclandre (ça arrive souvent, ici, les hommes ont le verbe fort), il est régulier de voir les personnes de la rue, le serveur ou le vendeur se poster devant l’étranger pour le protéger au cas où. Pas de panique, il arrive très rarement que l’engueulade tourne à la baston. 

Au Caire, on mange égyptien avant tout

Et l’expérience est aussi gustative qu’humaine. Dans les boui-boui, en général tout est bon et à un prix abordable. Bien entendu, il faudra se contenter du style local : pas de nappe blanche ou d’assiettes de porcelaine. D’ailleurs les tables sont nettoyées très légèrement, alors si le voyageur est tatillon, il et recommandé de toujours avoir avec soi ses lingettes. Une fois la commande passée, la table va se couvrir de coupelles et de bols. Ici on mange tout en même temps et souvent avec les doigts. L’accueil est aimable et on se retrouve cerné de sourires et de bon appétit ! joyeux.  
Les patrons sont généralement très honorés d’avoir un étranger dans leur restaurant, surtout si c’est une gargote typiquement égyptienne. Le visiteur sera accueilli avec chaleur et tout le monde veillera à ce que tout se passe bien.
Le service peut paraître parfois un peu cavalier mais en Egypte, les us et coutumes sont différentes. Lorsque le repas est terminé, on ne reste pas à table, on s’en va. Alors ne prenez pas mal l’empressement du serveur à régler le repas ou s’il vous presse de commander autre chose.

Service à l’égyptienne : comment ça marche

Au Caire, il faut bien comprendre la façon dont fonctionne le service au restaurant ou au bar. Sinon, le voyageur risque de ne pas apprécier son repas ou sa bière !
Primo, le serveur est payé au service. C’est à dire que plus il sert de boisson ou de plat, plus il sera rémunéré. Le compte se fait par le biais de jetons qui ressemblent à des pièces de monnaies. A chaque consommation, le serveur crédite son compte d’un jeton. A la fin de la journée, le patron fait le total et paye le serveur.
Il y a bien des chances qu’il n’apprécie pas le client qui reste à table « à la française ». Dès qu’il voit la bière presque finie, il n’aura de cesse de redemander si vous en voulez une autre.
Il n’est pas rare qu’il vous demande carrément de laisser votre place aux autres clients pour que le service tourne.
Enfin, le serveur peut sembler rustre, c’est souvent le cas mais s’il se montrait trop cool, il pourrait perdre sa place !

Le Caire est une ville vraiment attachante. Ici, les pas du voyageur ne foule pas le sol de n’importe quelle capitale. Ici, il est en Egypte. L’incroyable personnalité de la gigantesque cité fait qu’elle n’est pareille à nulle autre. Oui elle est sans doute tout ce qu’on lui reproche mais ce qu’elle donne en retour vaut mille fois plus. 

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