Découvrir Pétra, trésor de Jordanie

Pétra, fierté de la Jordanie... on adore ou on déteste. Pourquoi ces extrêmes ? Le site est aussi beau qu'il est pourri par le tourisme

Mais pourquoi les voyageurs sont-ils si divisés à propos de Pétra ?

Comme tous les beaux endroits de cette planète, les touristes s’y pressent. C’est indéniable, le site phare de la Jordanie est transformé en parc à thème. Rien ne manque : les calèches tirées par les chevaux, les dromadaires harnachés de pompons, les ânes mutiques, les bédouins déguisés… en Jack Sparrow.
Pétra, c’est la tour Eiffel de la Jordanie. L’endroit est surexploité par le pays afin d’encaisser les fruits du tourisme de masse.
Chaque jour, les bus pullman déversent leurs flots de passagers qui visitent le site en moins de 4 heures. Le programme inclus la balade en calèche, le tour en dromadaire ou encore la montée au belvédère à dos d’âne.
Voici donc quelques raisons de détester ou d’adorer Pétra. Chacun fera sa propre expérience, souhaitons qu’elle soit belle !

Le harcèlement touristique atteint son paroxysme à Pétra

 

Etre contemplatif ne serait-ce qu’une minute à Pétra relève du tour de force

 

Que l’on soit dynamique ou statique, il est difficile de savourer une minute de silence. Les sollicitations sont continues, à chaque pas qu’il pose sur le sol, le visiteur déclenche un do you want buy something? ou visit my shop! A croire que le chemin est pourvu de détecteurs déclenchant des jingles automatiques.
S’asseoir pour savourer un peu le spectacle en recueillement est tout aussi difficile, les enfants, les chameliers, les vendeurs de n’importe quoi sont extrêmement collants. Le parcours demande beaucoup d’énergie, en plus des 15/20 km à parcourir, il faut sans cesse répondre aux questions. Il faut forcer les barrages de vendeurs ou rabatteurs, ne pas se fier aux déviations par le magasin, refuser les haltes forcées et rester concentré pour ne pas trébucher. 

Les rabatteurs de Pétra sont experts dans le harcèlement touristique

 

Le voyageur reconnaîtra les mêmes manoeuvres que partout ailleurs : Louxor, Angkor, Marrakech ou Taj Mahal. Mais à Pétra on fait dans le raffinement. Marcher seul-e peut passer pour une déclaration de guerre économique ou tient carrément d’une volonté d’infliger des mauvais traitements à la population locale. Je me suis vue reprocher de vouloir utiliser mes deux jambes plutôt que celles des ânes. A cause de moi, il va mourir de faim, à cause de mon entêtement à ne pas utiliser les services des bédouins, ils s’enfoncent dans la misère.

Tous les bédouins à Pétra ne sont pas des bédouins. La plupart d’entre eux sont comme les choses qu’ils vendent, en toc

 

Primo, les vrais bédouins ne se déguisent pas en pirate des Caraïbes. Les garçons de Pétra qui vous jettent des regards langoureux à la Johnny Depp sont prêts à tout pour faire recette, même vendre leurs charmes aux voyageuses solitaires. Ces personnes n’ont rien à voir avec les natifs de Pétra qui peuplent le site depuis des centaines d’années. Tous se vantent auprès des voyageurs d’être les vrais bédouins de Pétra mais c’est faux pour 90% d’entre eux. Ils ne sont pas à un mensonge près. J’en ai vu expliquer à des touristes chinois que les objets qu’ils vendent sont anciens de plusieurs milliers d’années et 100% authentiques… ben voyons.

Les Bdouls de Pétra : entre tradition et modernité

 

Cette tribu a été proprement expulsée du site lorsque ce dernier a été classé au patrimoine mondial de l’humanité (1985). Le gouvernement a déplacé les 150 familles qui vivaient là pour les reloger plus loin dans des maisons en dur. Certaines sont restées, il en reste aujourd’hui moins de 10. Il faut de la chance pour les rencontrer tant ils sont noyés dans les « copies ». L’hospitalité et la bienveillance sont des valeurs piliers pour ces personnes, c’est donc un grand bonheur de pouvoir partager du temps avec eux. Malheureusement pour certains natifs et collatéralement pour les visiteurs en quête d’échange, la transition économique ne s’est pas faite avec raison. Certains sont devenus maîtres en arnaque de tout poil. Prudence donc à tous les niveaux.

On déteste Pétra parce que les animaux sont maltraités et c’est insupportable

 

Chevaux, ânes et chameaux, à Pétra, les bêtes ne rigolent pas tous les jours 

 

C’est une honte, d’une inhumanité ou plutôt d’une in-animalité glaçante.
La reine de Jordanie, face au premier rapport alarmant de la PETA, a fait instaurer des règles contre la maltraitance animale. Hélas, preuve à l’appui, elles ne sont pas suivies.
Il semble qu’instaurer des lois soit totalement inutile. Les maltraitants trouvent ça tout à fait normal, on pourrait dire que c’est culturel en quelque sorte. Et aucune loi ne changera ça. Les changement doivent passer par l’éducation et une volonté solide de changer les choses. Les propriétaires s’obligent, par peur de contrôles, à ne pas exténuer les chevaux en leur laissant du repos au bout de deux courses. Hélas, les bêtes sont quand même maltraitées au bâton et mal nourries.

On vous dira : la maltraitance animale, c’est à cause du tourisme. C’est faux

 

Les populations locales de la région sont passées d’une économie de subsistance (élevage de moutons, chèvres et culture) à une économie touristique en 30/40 ans. On nous explique alors que cette transition brutale rend les choses compliquées et légitiment cet esclavagisme animal. 
Je n’en crois rien, aucune raison de maltraiter les animaux jusqu’à l’agonie n’est valable. Les animaux sont utilisés en Jordanie depuis des milliers d’années mais ce qu’il se passe à Pétra n’a rien à voir avec l’élevage, c’est de la cruauté et de la stupidité. Si c’était vraiment pour gagner leur vie, les propriétaires prendraient autrement soins de leurs compagnons de travail pour justement continuer à subvenir à leurs existences communes.
Les animaux sont maltraités par des abrutis qui ne poursuivent qu’un seul but : l’appât du gain facile et rapide. Ces personnes là ne voient que le court terme et se fichent royalement de la conservation des traditions bédouines ou de la culture de Jordanie.

Si la population qui travaille à Petra n’est pas en mesure de respecter le non-négociable bien-être animal, il faut que les visiteurs refusent sans condition d’utiliser les animaux s’ils ne sont pas traités avec respect.

Les animaux sont maltraités, mais les enfants aussi 

 
Les enfants sont régulièrement exploités au delà du supportable partout à travers le monde. On les envoie vendre des cartes postales ou des babioles car ils sont propres à attendrir un coeur de voyageur pour lui faire bourse délier. Les enfants de Pétra ne vont donc pas à l’école car ils rapportent de l’argent. Ils ne sont pas seulement exploités à des fins financières, ils sont aussi en proie à une violence physique et psychologique importante. Attention donc à bien se renseigner avant de leur acheter quoi que ce soit : en rendant leur activité lucrative, le voyageur au coeur tendre ôtera peut-être toutes les chances à ces petits d’aller un jour à l’école. 
Le mieux que l’on puisse faire parfois est de passer un peu de temps avec eux, les regarder vraiment et faire preuve de bienveillance. Leur dire des choses qui font du bien, un compliment, un mot sincère peut parfois davantage les aider qu’un billet de banque.

Voilà pour le côté obscur du site de Pétra, si on finissait en beauté avec ce que Pétra offre de meilleur ? 

Pour aimer Pétra, faites abstraction de tout ce que le tourisme irraisonné entraîne de mauvais et laissez-vous captiver par la magie que dégage le site nabatéen. 
 

Petra, c’est encore mieux qu’au cinéma

 

Il y a des endroits comme ça qui nous font rêver. Mais quand on arrive là-bas, la déception est cuisante car justement, on a trop fantasmé le lieu, filmé en cinémascope et retouché avec Photoshop. Petra n’en fait pas partie. Marcher dans le siq – le canyon dans lequel galopent les chevaux dans La dernière croisade, possède une charge émotionnelle inattendue. Le plus blasé des voyageurs ne peut résister à l’atmosphère qui règne ici.
Pour faire un tableau de Pétra, il faut être un artiste. La roche est à la fois colorée et multicolore. Il se dessine d’élégantes arabesques où se mêlent rouge, orange, ocre, jaune, brun…
Je pense que si Pétra n’abritait pas le Khazneh (qu’on appelle ici trésor), on viendrait ici rien que pour faire ces 3 kilomètres.
Le site est magnifique, il est difficile de le décrire avec des mots, il faut y aller pour comprendre. C’est une émotion semblable à celle d’un désert au couchant, de la Nuit étoilée de Van Gogh, de l’Ave Maria de Caccini. Il n’est nul besoin d’ajouter quoi que ce soit, c’est juste magnifique, je pourrai même dire… divin.

On peut visiter Pétra dans tous les sens, il n’existe pas d’angle idéal. Tout est beau

 

Quelle que soit l’heure, la lumière est belle. Tôt le matin, plus tard le soir, les rayons se glissent dans le canyon ou s’étirent à l’horizon. La roche rose renvoie une aura indescriptible, c’est d’une beauté renversante.
Pour apprécier le site à son inestimable valeur, il faut prendre son temps. Deux jours au minimum. Le premier jour, on découvre les principaux site et l’excitation est à son comble alors on saute comme un cabri de place en place. Le lendemain, il est bon de re-visiter le site avec lenteur, prendre le temps de s’arrêter, parler avec les habitants, jouer ou papoter avec les enfants. 

Et si on visitait les temples d'Angkor ?

Immense, rempli d’histoire et de vestiges, abandonné pendant des siècles, dévoré par la jungle et enfin retrouvé, l’ensemble archéologique d’Angkor vaut tous les détours.

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