Périple mongol, 2ème jour : récupération dans un hôtel grand luxe

Derrière moi l'envoûtant désert de Gobi, chevaux galopants, chameaux chantants, moutons bêlants, toilettes d’antan, vêtements puants, yaks ruminants et soleil éblouissant

Le soleil s’est levé et l’ami Ricoré ne s’est pas présenté. Tant mieux, cela prouve au moins que je suis en voyage, que c’est l’aventure, la vraie.
Depuis que je suis montée dans le bus, il s’est écoulé dix heures sans que celui-ci ne s’arrête. Je rêve de toilettes. La jeune femme qui se trouve derrière moi m’explique que nous allons nous arrêter bientôt pour la pause de midi.
Tout va bien donc, j’attends avec impatience les traditionnelles cabanes en planches. Mais le bus s’arrête gentiment au beau milieu de la plaine, plate comme une galette, « khurdan ! Vite !« .
Me voilà donc au milieu de la gente féminine de tout âge qui se presse vers, heu vers là-bas pour se mettre les fesses à l’air et s’accroupir dans les herbes très très basses. J’attrape une jeune femme qui maintient son grand manteau devant son amie pour l’abriter des regards pour qu’elle veuille bien faire de même avec moi, oui, bien sûr. J’apprécie la solidarité féminine et maudis cet abruti de chauffeur car nous venons de passer trois villages consécutifs abondamment fournis en cabanes.

La pause déjeuner, mouton dur et pâtes molles, me permet de faire plus ample connaissance avec mes voisins. J’avise un homme corpulent abhorrant un tee-shirt décoré du portrait de Rimbaud. Oui, le poète, notre poète national

Ma jeune voisine qui parle anglais, bien sûr puisqu’elle est prof et non étudiante, m’apprends qu’elle a quatre enfants, banzaï, et trente-deux ans alors que je l’imaginais sur les bancs de la fac.
Ma petite voisine continue à me vomir dessus, sa mère continue à me sourire mollement comme si tout cela était complètement normal. Elles sont épuisées. La chaleur dans le bus est collante et épaisse, nous transpirons à grosse gouttes, dehors l’air est aussi sec et râpeux qu’un gant de toilette oublié sur un radiateur.
Les paysages sont répétitifs. Des villages-légo, des cabanes de planches, des plaines à peine vallonnées infinies se succèdent et le ciel qui domine tout ça, immense et bleu.

Nous arrivons à destination. Ulaangom, ville moche

Le poète me promène en voiture dans la ville jusqu’à ce que je trouve un hôtel possible. C’est sûr je ne vais pas rester ici longtemps. Les hôtels sont rares mais il y en a un qui domine. Noté le meilleur hôtel de la ville par un guide de baroudeur, je m’y rend sans attendre. S’il est si bien évalué, ce sera plus cher. Le choix est limité, je ne vais pas pinailler, un peu de luxe ne va pas faire de mal.
J’ai une chambre à moi toute seule, un lit confortable et même une télé qui ne marche pas. La salle de bain est acceptable, le WC est cassé mais après la cabane au fond de la cour je ne vais quand même pas me plaindre.
L’internet ne marche pas, mais pour le moment, tout m’est égal sauf la douche qui m’attend, le shampoing, la serviette, le déo parfumé, des habits propres.

Il est à peine dix heures du soir que je me dissous comme un sucre dans une tasse dans le blanc des draps qui sentent encore la lessive.
Seulement voilà…

L’hôtel possède un restaurant qui se soir doit fêter quelque chose de grandiose, d’exceptionnel à en juger par le monde qui s’y presse, les victuailles qui s’entassent sur les tables et surtout… la sono qui crache de la pop mongole à toute berzingue.
Je sors voir à quoi ressemble le nouveau monarque. Il a douze ans environ, tout raide dans un costume d’apparat trop grand pour lui. Il trône en bonne place, s’adresse aux invites en s’inclinant.
Un anniversaire donc.
Tout le monde me sourit, je fais coucou, m’invite à me joindre à la fête. J’envoie des bisous du plat de la main et retourne retrouver mon oreiller chéri. La vodka va couler à flot, je n’ai pas la force de festoyer, le voyage n’est pas encore fini.
J’arriverai bien à dormir quoi qu’il arrive…

Pour passer de la Mongolie au Kazakhstan, il faut passer par la Chine ou la Russie... Et c'est une grande aventure !

Même en solo, le voyage est beaucoup moins dangereux que l'on croit ! Cessez d'avoir peur !

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