Pourquoi larguer les amarres est-il si difficile ?

Pourquoi larguer les amarres est-il si difficile ?

Larguer les amarres, ce n'est pas si facile !

Ce grand voyage au long court, tant de personnes en rêvent ! Pourquoi alors si peu le réalise ?
Si vous posez la question, on vous répondra qu’il faut en avoir les moyens (ce qui est faux), le temps, la famille, le boulot… le moment idéal. Toutes ces raisons ne sont pas les vrais obstacles. 
On peut partir en voyage avec ses enfants. On voit désormais des familles entières partir en itinérance pour un ou deux ans, voire plus. On peut trouver du travail ailleurs ou économiser… quelle que soit la situation, il est toujours possible de réaliser ce rêve.
Alors pourquoi est-il si difficile de partir ? 

 

La peur de perdre sa place

Le problème est rarement matériel. Je rencontre assez peu de gens riches (d’argent) et je vois de tous les gabarits. La peur de « perdre sa place » est un des freins les plus puissants.  Quitter son cercle, c’est affronter la peur de le voir se refermer derrière soi et c’est très paralysant.  Alors il faut être vraiment solide, mais il faut surtout croire en soi. J’ai tellement entendu de commentaires négatifs « tu ne vas jamais y arriver », « c’est trop dangereux » ou plus dur : « c’est la décision la plus irresponsable que tu aies jamais prise ! » On voit bien alors que partir n’est pas un projet anodin.

La résistance des proches qui ne veulent pas vous voir partir

Le cercle familial et intime peut être très défavorable à ce changement de cap et il est parfois difficile de passer par-dessus. 
Quelle que soit la méthode employée, cet entourage tentera de vous dissuader de larguer les amarres. 
Pour mettre au clair cette situation, il est important d’en prendre conscience et surtout d’en parler avec vos proches. 
C’est un échange qui pourra être très bénéfique. D’une part la relation que vous entretenez avec votre cercle peut se révéler sous son véritable jour. D’autre part, cette confrontation mettra votre motivation à l’épreuve. Votre détermination et la force que vous mettez dans ce départ, c’est votre moteur, il est bon de tester un peu sa puissance !

 

Larguer les amarres quand on a des enfants

Mes enfants ne me manquent pas. Je les aime plus que tout au monde mais croyez-moi,  je ne leur manque pas non plus.
Comme tous les enfants, ils ont grandit et ils sont partis, eux aussi, à la découverte du monde. Ils se sont dédiés à la construction de leurs vies amoureuses, sportives ou professionnelles. 
Mais voilà, rien n’est simple. Dans certaines familles, la relation parent-enfant reste basée sur la proximité.
Je rencontre beaucoup de parents pour lesquels la distance avec leurs enfants adultes est inconcevable.
Je me retrouve souvent prise entre deux jugement : la mère indigne que l’on méprise ou la femme libre que l’on salue. Il faut être préparé à ce type de réactions car elles peuvent être très blessantes et surtout, fausses !
Larguer les amarres représente un vrai challenge lorsqu’on a vécu en famille. C’est une nouvelle vie. 

Mais partir en voyage loin et longtemps, ce n’est pas renoncer à ce qui vous est cher ! 
Concernant les enfants, je reste profondément convaincue qu’il est possible de concilier voyage et famille. 
La technologie d’aujourd’hui permet de rester en contact de façon quasi permanente. Si vos petits ont besoin de vous entendre, ils vous appelleront par Messenger, Skype ou Whatsapp. S’ils veulent vous voir, ils activeront la caméra… 
S’ils ont envie d’être près de vous, ils viendront vous rendre visite et ce sera alors une occasion de vivre une belle aventure parent-enfant.

 

Evelyne et l’entorse de sa fille

Evelyne est célibataire, elle voyage en solo de temps en temps pour une période d’un mois.
Lorsque je la rencontre, elle finit son tour de Grèce en voiture de location et s’apprête à savourer ses dernières semaines entre Athènes et les îles grecques.
Elle est toute retournée ce matin-là car sa fille de 18 ans s’est faite une vilaine entorse à la cheville. Elle s’est rendue à l’hôpital et ne doit pas poser le pied à terre pendant 15 jours.
Evelyne se sent affreusement coupable de ne pas être à ses côtés. Elle brûle d’envie de repartir France sur le champ.
Je lui demande si sa présence va changer quelque chose à la situation de sa fille.
Elle met quelques secondes avant de me répondre que non, son père est là, son petit copain et ses amis aussi. Elle a de la visite, plus qu’il n’en faut pour une convalescente et tout le monde est là pour l’aider.
Oui, mais.
Ce qui est difficile pour Evelyne, ce n’est pas le besoin réel de sa fille mais son propre besoin à elle d’être à ses côtés. Ce sentiment d’impératif se trouve fortement contrarié par le constat qu’elle s’en sort très bien sans sa maman.
Il ne s’agit pas la plupart du temps de la demande réelle des enfants mais de la difficulté qu’on les parents de ne plus être au centre de leurs vies.
Evelyne restera en Grèce, le coeur léger : sa fille ne manque de rien et le soutien qu’elle peut lui apporter peut tout à fait se faire à distance.
Mère et fille sont devenues plus indépendantes et la vie continue !

La peur du changement

Penser à partir et prendre la décision de partir est un cheminement. Cette décision se fait rarement sur un coup de tête.
Beaucoup de personnes en rêvent, elles disent « si je pouvais ». Pourtant, quand elles peuvent effectivement, que plus rien ne les retient, la peur du changement, l’appréhension les empêchent de prendre leur décision. 
Ils se retranchent derrière de mauvaises raisons. Si on leur donne la solution, ils la refoulent avec un autre argument.
Ils ne veulent pas vraiment partir mais ne peuvent ou ne veulent pas le reconnaître. Tout au fond d’eux-même, ils ne sont pas prêts à changer de vie, ce qu’ils souhaitent c’est que la vie change.

Si le désir d’ailleurs vous titille c’est qu’il y a quelque part au fond de vous la ressource disponible pour redevenir ou rester maître de votre vie. C’est une grande qualité, utilisez-là !

La peur de l'avenir

Les temps sont durs pour les rêveurs. 
Les nomades sont menacés par toutes les catastrophes possibles. 
La menace de ne pas (jamais ?) retrouver de travail est une inquiétude légitime. Pourtant une ou deux années d’exploration et de voyage sur un CV peut devenir un argument de poids pour un recruteur !

 

Que vous soyez jeune diplômé ou au milieu de votre vie professionnelle, le risque de rencontrer des difficultés à trouver ou retrouver du travail n’est pas plus avéré que la présence d’extraterrestres à Roswell.
D’autres opportunités pourront peut-être s’ouvrir à vous. Qui sait, vous trouverez d’autres envies, d’autres voies, d’autres rythmes qui vous pousseront à créer votre société… Le voyage est très inspirant, il apporte beaucoup de lumière dans un esprit en quête de réponse.

A la découverte de soi

Mon voyage à moi c’était partir à la recherche de moi-même, trouver une autre façon d’utiliser cette vie et tout ce temps qu’il me reste.

Partir, c’est parcourir un chemin mais ce n’est pas trouver sa place. Le voyage n’est pas fait pour ça. 

Ce départ nous aide à prendre de la distance et à changer de perspective sur ce que nous sommes.
L’itinérance nous aide à tester nos limites, à se découvrir des capacités insoupçonnées. Ce voyage aide à refaire connaissance avec la personne adulte que nous sommes devenu au fil du temps. 

Ce que le voyage peut nous apporter de plus précieux, c’est certes de prendre conscience de tout ça, mais surtout de réaliser qu’il est possible de changer.

Et ça, je crois que ça vaut toutes les psychanalyse du monde. 

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