Vietnam

Xin chào, việt nam !

Le nom Vietnam évoque bien des images. La Baie d’Along, la soupe de nouilles, les trois guerres qui ont secoué ce pays, les jonques glissant sur l’eau, les tuniques de soie chatoyantes…
Ce portrait est un des plus difficiles à retranscrire car mon expérience du Vietnam fut ponctuée d’expériences pour le moins variées. 

J’ai choisi de dire toute la vérité, rien que la vérité ? Alors c’est parti !

Sous le signe du billet de banque

Les vietnamiens sont extrêmement déroutants. Leur quotidien est très axé sur l’argent, la possession. Les conversations tournent en permanence autour du prix des choses. Qu’il s’agisse de crevettes, de chaussettes ou d’une tablette, on vous demandera avant toute chose « combien tu l’as payé ? ». Et ce, que vous soyez étranger ou natif du pays.

Arnaques, mensonges et compagnie

Le fait d’arnaquer un visiteur, d’où qu’il vienne, est une pratique tout à fait normale, légitime, acquise. Ils ne se sentent ni honteux, ni dans l’illégalité, ni dans l’offense.
Si vous tentez de débattre de ce sujet délicat, ils lèveront un sourcil étonné et concluront « c’est normal ! Tu as beaucoup d’argent ! ».
Et il ne s’agit encore « que » d’arnaque ! A savoir que vous allez payer le double ou le centuple du prix exigé pour les locaux.
Quand ils en ont, il existe presque toujours 2 menus au restaurant : un pour les locaux, un pour les touristes. Les prix y sont bien sûr très différents.
Quand il n’y a pas de menu et qu’il n’y a aucun moyen de connaitre le prix réel, c’est là que l’aventure commence. Si vous tentez d’observer en douce combien payent les autres clients, ils se tournent de manière à ce que vous ne puissiez pas compter la monnaie qui leur est rendue.
Si vous demandez aux clients « combien as-tu payé pour ça ? », le vendeur leur intimera le silence.
Inutile de faire jouer la concurrence pour négocier le prix d’une chambre. L’employé du premier établissement visité s’empressera d’informer les autres hostels du prix qu’il a exigé. Ils n’hésitera pas à vous suivre dans la rue pour s’assurer que vous n’obtiendrez pas de meilleur tarif.

 

Attention ! Chantage au passeport !
L’hôtel exigera toujours et sans conditions de garder votre passeport jusqu’à votre départ. Certains gonfleront la facture et ne vous rendront le précieux sésame qu’une fois l’argent en poche. « Tu as mal compris, le tarif n’inclue pas ci ou ça »… Inutile de discuter, si vous voulez le récupérer, il faudra payer.

Fait rare en Asie : la violence physique ou verbale

Je n’ai visité nul autre pays d’Asie où les habitants sont si propices à en découdre physiquement avec un étranger pour une poignée de dongs.
Ils peuvent être menaçants, violents dans certains cas. (Un jeune allemand s’est retrouvé menacé d’une bouteille brisée par un batelier, au beau milieu du gué afin d’obtenir plus que la somme négociée avant d’embarquer. Le différend s’est réglé à coup de poing dont l’Allemagne est sortie gagnante. Mais le couple de voyageur a dû quitter le Vietnam en urgence. Les autorités l’ont clairement affirmé : elles n’étaient pas en mesure d’assurer la sécurité de ces voyageurs en cas de représailles).

Ces cas-là (j’en ai bien d’autres sous le coude) ne sont pas monnaie courante, c’est sûr,  mais ils ne sont pas rares.

Vol avec insolence

Le vol pur et simple, avec ou sans violence (à l’arraché, sous la menace, bagages disparus, chambre forcée…) est une menace constante. Elle finit par vous rendre complètement paranoïaque. On se retrouve à descendre à chaque arrêt du bus pour vérifier que personne ne s’empare de vos sacs, on recompte et on contrôle tout, tout le temps.

Les échanges ne sont pas, dans leur majorité, plus chaleureux que ça.
Les vietnamiens savent parfois faire preuve d’un mépris cinglant envers les « fangs » (les blancs) et leur infligent des avanies qui les laissent pantois et désarmés.

C’est de loin le plus amer : on vous arrache les billets ou le portable des mains et on se moque de vous par-dessus le marché.

Bagarre autour du pourboire

Dans les lieux touristiques, le prix fixé au départ ne vous mettra pas à l’abri des conflits. Une fois la balade terminée, on se retrouve harcelé sans ménagement pour obtenir un pourboire. Le sourire engageant du départ se transforme alors en visage menaçant. Une fois l’argent en poche, n’espérez aucun remerciement. Vous serez traité comme un déchet, l’au revoir se transforme en « Ra ! », en bon français ,« dégage ! ».

Une arnaque bien huilée : la Baie d'Along

Que dire d’une croisière dans la baie d’Along ? Cette merveille du monde est tenue par une véritable mafia. A peine arrivé à Hanoï, l’hôtel vous mettra le grappin dessus pour vous vendre l’excursion et ne vous lâchera plus jusqu’à l’achat. Les belles photos de repas opulents et de cabines confortables ne seront pas au rendez-vous. A bord, tout devient payant. Vous ne pourrez même pas emporter votre bouteille d’eau, il faudra payer pour l’embarquer. Vous payerez un supplément pour le tour en kayak « inclus » dans le forfait car celui-ci se limite à 5m autour du bateau. Vous partagerez une assiette de frites entre 6 personnes et ne pensez même pas à demander du rab.

A la découverte du "vrai" Vietnam

J’ai traversé le Vietnam en moto de Hanoï à Ho Chi Min.
Je suis passée par nombre de villes et villages, à la rencontre des « vrais » vietnamiens, loin des lieux touristiques, curieuse de leur culture et de leurs traditions.
J’ai superbement ignoré les récits calamiteux des autres voyageurs en gardant en tête de faire ma propre expérience de ce pays dont j’ai tant rêvé.

J’ai visité le musée de la guerre d’Ho Chi Min, non pas une fois mais deux.
J’ai été saisie par le courage de ce peuple, sa force à résister aux dominations occidentales, sa combativité. La bravoure des femmes et leur résistance au dur labeur m’ont profondément touchée.
J’ai littéralement fondu devant la finesse de leur artisanat. La beauté des laques, de la soie, des objets sculptés.
J’ai adoré leur café si particulier, j’ai englouti les soupes, les Bao, les Banh Mi « opla » (au plat, avec un œuf)». J’ai savouré les crêpes Banh Xeo, les magnifiques Banh Bao immaculés fourrés de légumes et de viande sur le bord du chemin.

C’était beau, c’était, bon, c’était bien, je l’affirme sans l’ombre d’un doute.

Un constat mitigé

J’ai rencontré d’adorables familles, ouvertes, bienveillantes et respectueuses. J’ai vu de belles choses.

J’ai résisté à bon nombre d’escroqueries et de dangers : la police corrompue, le guide qui fait une excursion de 3km au lieu de 12km, un accident spectaculaire avec un bus… 

J’ai aussi rencontré des étudiants curieux, des mères de famille chaleureuses, généreuses, des chauffeurs sympas ! Mais ces expériences ne me permettent pas de rétablir la balance. 

Le Vietnam est un beau pays, sa culture est riche, son histoire touchante et passionnante, sa gastronomie extraordinaire et savoureuse. Mais les relations sont bien trop souvent empreintes de vénalité et de mépris pour que je recommande cette destination.

Se souvenir des belles choses

Il serait injuste de partir sans partager ce que le Vietnam m’a offert de plus beau. La cité de Hué et ses extraordinaires palais plantés de lotus aux portes d’or.
Les enfants riant à la chasse aux crabes sur les plages, le col des nuages (Hai Van Pass).
Nim Binh, la baie d’Along terrestre, à bord d’une barque conduite uniquement par les femmes, actionnant les rames avec les pieds. Quel silence ! Quel beauté ! C’est comme rentrer dans un monde secret de conte.
La beauté des femmes, altières et fières, avec cette démarche si particulière qui donne l’impression qu’elles glissent sur le sol comme des fées. Vêtues de l’Ao Daï soyeux aux couleurs acidulées, elles incarnent l’élégance suprême.
Le musée de la guerre d’Ho Chi Min est selon moi, un des musées dédiés à la guerre les plus touchant qui soit. La façon dont nous est racontée cette partie de l’histoire, la simplicité avec laquelle on suit son fil, fait qu’on en ressort abasourdi et furieux, prêt à s’engager pour éradiquer toute forme de guerre sur terre.
Le prodigieux musée de femmes aussi ! Les combats qu’elles ont menés, la découverte des traditions, leur inaltérable beauté, l’incroyable richesse de leurs tenues traditionnelles.
Les rues d’Hanoï grouillantes, la circulation folle, les montagnes tranquilles et fraîches de Dalat.
La douceur de Hoï An qui, une fois n’est pas coutume mérite largement son surnom de petite Venise. Les lanternes multicolores sur les ponts, les cerf-volants, une jeune femme en robe de mariée marchant sur la grève…

Tam biêt, viet nam!

Vietnam

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