Philippines

Ayo Filipino !

28 jours en pleine période de mousson, trois typhons, des tempêtes et des villes inondées… Voilà un tableau qui ne donne guère envie et pourtant… Les Philippines m’ont enchantée !

Une fois échappée de la capitale, Manille, en n’y ayant survécu que le temps d’une nuit et deux jours, je me suis littéralement enfuie de cette ville surpeuplée, asphyxiante et assourdissante : Taxi ! Suivez cet avion !

J’ai sauté dans le premier avion disponible (au temps de la mousson, les autres moyens de transport n’étaient pas disponibles) pour Cebu. En route pour la grande aventure des Philippines ! 

Accueillants, souriants et drôles : les filipinos à la folie !

Les philippins sont incroyablement attachants. Je n’ai cessé de m’étonner de leur bonne humeur, toujours prêts à blaguer, à singer et à rire.
On me pousse dans un bus tellement débordant que les voyageurs rentrent par les fenêtres, mon sac disparaît quelque part sans avoir eu le temps de dire un mot. Je jette un regard atterré au préposé aux voyageurs-ticket-bagages qui éclate de rire : « no problem ! ».
Il m’installe sur la marche de la portière arrière, attrape les deux poignées extérieures et c’est parti ! Faisant office de ceinture de sécurité, il me retient de tomber sur la route, arcbouté à l’extérieur.
Et non, il ne profite pas de la situation pour avoir les mains baladeuses. Le véhicule se comporte comme un bateau en pleine tempête mais tout le monde a le sourire.
A chaque fois qu’il croise un autre bus, le chauffeur salue à coup de klaxon, de gestes ou de cris. Les arrêts sont annoncés avec le tintement d’une pièce de monnaie sur les tubes de métal auxquels s’accrochent les passagers…
Alors que les kilomètres défilent, le bus se vide un peu et je finis par trouver une place assise. Mon sac va réapparaître comme par magie et je descendrai du bus au son des « bye bye, take care ! » joyeux de mes compagnons de voyage. 

Des flingues à tous les coins de rue : même pas peur !

Les filipinos sont d’une incroyable gentillesse. Perdu dans la jungle des bus se frayant un chemin dans 2 mètres d’eau, attendant patiemment que le jour se lève dans une station essence, ils offrent ce qu’ils ont : un café chaud, un bout de banc à l’abri de la pluie, un morceau de gâteau…  

Ils racontent des histoires drôles, s’amusent de tout malgré la misère qui les entourent parfois. On dirait qu’ils sont résolus à l’optimisme plus qu’au défaitisme.

S’il convient de fuir, ou d’au moins tenir ses distances, les groupes d’hommes paillards et fins saouls, je n’ai jamais été confrontée à des attitudes agressives ou menaçantes. 

Ce pays est sans doute à la hauteur de sa réputation dans les grandes villes où chaque banque, station essence, magasin est gardé par des hommes armés jusqu’aux dents.
Cet étalage de fusils mitrailleurs et gilets pare-balle portés par des gamins de 20 ans surprend beaucoup au début mais on s’y habitue rapidement. C’est aussi ça les Philippines : des habitations tristes faites d’un mélange de carton, de briques et de tôles ondulée transies sous les ondées, des enfants perdus, des mendiants tremblants… et des fusils mitrailleurs.

Aux Philippines, les filipinos parlent anglais mieux que les français ! Pas de mystère c’est la langue officielle avec le philippin qui compte des centaines de dialectes pratiqués dans tout le pays.

Les Philippines, c’est comment ? C'est comme ça !

La jungle et ses tarsiers endormis, la mer et ses pacifiques requins-baleine, ces routes magnifiques au milieu des Chocolate Hills, ces fanfares et ces églises… il y a tant à découvrir !

 

Ici, la musique est partout et sous toutes les formes. Le karaoké est roi. Fenêtre et portes ouvertes, père de famille, enfants ou ados chantent au micro sur des airs des années 80.
Tout le monde joue de quelque chose et souvent, vraiment bien. La musique live est dans tous les bars et l’ambiance est entraînante, gaie, facile.
Partout, on m’invite à danser ou à chanter et les soirées s’étirent jusque tard dans la nuit.

Des îles de carte postale pour moi toute seule

Les iles sont paradisiaques : sable blanc immaculé, noix de coco à boire, étoiles de mers XXXL et palmiers dansant sous la brise. Pour s’y rendre il faut monter dans un taxi-pirogue à balancier et se laisser porter jusqu’à la grève. Ça fait carte postale ? Ben oui, mais là, c’est réel. On respire plus librement tout à coup, sans savoir vraiment pourquoi. Les pas sont moins rapides, les gestes plus lents. Il faut juste s’asseoir et laisser courir ses pensées sans rien attendre. Le piroguier viendra vous prévenir qu’il est temps de rentrer maintenant, que le ciel rougeoie et qu’il va bientôt faire nuit.

Entre fast food et cuisine typiquement internationale

Aux Philippines, si les fast-foods ont envahi les villes et villages et rendent la population obèse, il existe mille façons de découvrir la gastronomie locale. Peu chère et goûteuse c’est un plaisir perpétuel de déguster son poulet adobo, des empanadas, un lapu-lapu grillé dans un papier journal et d’échanger quelques mots en mangeant, assis sur les talons.

Car ici la cuisine est un savant mélange de Chine, de Malaisie, d’Espagne et… des US. Il vaut mieux ne pas trop se fier aux noms espagnols des plats, hérités de plus de 300 ans de colonisation ibère, la déception sera au rendez-vous.

Mais si vous tentez les plats locaux, ceux que l’on vous servira dans de petites gargotes sans fioriture, de bonnes surprises vous attendent. Un croustillant Lechon (cochon de lait à la broche) ?  Des boulettes ou de la soupe de sagou (moelle du jeune palmier), des nouilles sautées, de délicates crosses de fougères ? A vos fourchettes !

Les plus belles rizières du monde... célestes et divines

Il faut se perdre, s’essouffler dans les escaliers célestes de Banaue où se cachent plus belles rizières en terrasse du monde. Il ne faut surtout pas se presser et saisir chaque occasion de faire une halte sur un banc et faire connaissance avec des mères de famille, des paysans ployant sous le poids des sacs de riz qu’ils vont vendre « à la ville ». Car chaque jour ils gravissent 5 kilomètres d’escaliers inégaux, chargés comme des mules. Du plus jeune au plus âgé, tout le monde porte quelque-chose. Les enfants posent sur leurs têtes une poule dans sa cage de bambou, les hommes prennent des sacs de ciments sur leurs épaules…

Des familles nombreuses ? Non, innombrables !

Ces conditions de vie difficiles poussent la plupart des jeunes vers Manille mais les familles que j’ai eu la joie de rencontrer m’ont semblées très épanouies.
Ici, avoir 12 enfants est monnaie courante. Alors que j’hésite à dire que je n’en ai « que » 3, je  garde le silence lorsque qu’une jeune femme de 30 ans secoue la tête en disant que pour le moment elle en est « seulement » à 6. Sa voisine qui en compte 13 la console, « bientôt, bientôt »…

Dans ce pays décoiffant, la richesse c’est la famille. Ce sont les descendants qui prendront soin de leurs ainés. 

Une culture à multiples facettes et une foi profonde

Ici, Dieu est partout. Les jeepneys sont décorés à foison de visages aux yeux inquisiteurs affirmant que «  God is watching you ! ». Pieux à l’extrême, dévoués au catholicisme, les habitants continuent à honorer les vieilles traditions qui perdurent. 

Les sites sacrés abritent des cercueils volants, des cimetières incroyables où subsistent animisme et rites païens, auxquels il est bien difficile d’accéder seul car protégés du tourisme de masse. Aux Philippines, quand c’est sacré, c’est sacré !

Je parle de ce pays avec affection car j’ai promis, toute la vérité, rien que la vérité sera écrite ici. J’ai esquivé les zones instables encore en guerre, Manille et sa légendaire insécurité, les arrondissements débordants d’une misère noire. Mon constat est tout personnel, empreint de joie au contact de ces familles débordantes d’énergie et d’enfants joueurs. 

Car je ne peux que rendre compte de cela : vivre 4 semaines sous des pluies diluviennes, bloquée sur une île impossible à quitter à cause des intempéries, arpentant chaque jour les rues inondées, tongs à la main et encore trouver ce pays extraordinaire, enrichissant et passionnant… Quel pays peut en dire autant ?

Salamat, Good Bye !

Philippines

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