Italie

L'Italie possède des armes de séduction massives

Certains pays sont comme ça, gâtés, bénis par une fée dès le berceau. L’Italie est ainsi.
Bien qu’elle fasse la une pour de sombres histoires de corruption, de mafia et de tous ces thèmes chers aux média, l’Italie reste belle et éternelle.
Ce pays est figé dans une beauté évidente, presque « naturelle », comme une femme rayonnante sans aucun atour artificiel.
Une ruelle, une place, une devanture, une gargote dont le menu tient en 3 lignes, l’Italie est charmante « sans faire exprès ».
En dehors de son architecture raffinée et de son histoire passionnante, l’attrait de l’Italie demeure dans son art de vivre. C’est à la fois simple et sophistiqué.

La gastronomie italienne rayonne aujourd’hui sur le monde entier. Tout le mode connait la pizza, les pâtes, le tiramisu. Pourtant un plat de cannellonis ici, ce n’est pas pareil qu'ailleurs !

Qui peut autant rivaliser avec la France en gastronomie que l’Italie ? 
Le vin, le fromage, le pain est bon. Viande et charcuterie sont à tomber, les légumes aussi beaux que goûteux et la mer fournit le poisson frais. Le café est inégalable et la pâtisserie compense son choix réduit par des glaces… italiennes ! 

Ce pays oscille entre les extrêmes, tout est dans le paradoxe

L’Italie est pleine de paradoxes. A la fois dans l’exploitation à outrance de son tourisme où le pauvre voyageur est maltraité au possible, il existe pourtant ici une véritable générosité, un partage qui fait tout oublier. Malgré tout, elle reste authentique, cimentée dans sa culture à la fois populaire et aristocratique. En Italie, ce qui est riche est éblouissant, ce qui est pauvre est éclatant. Les collines de Toscane, les églises millénaires, le bord de mer, les routes bruyantes et encombrées. De la mer à la montagne, ville ou campagne, le visiteur y trouve son compte de dépaysement.

L’Italie est à la fois romantique et vulgaire

Les ponts, les rives, la lumière qui descend sur la ville, ricoche sur les toits des églises, illumine les façades ocres… le romantisme existe et il parle italien ! Cependant cette Italie est presque obscène dans la monétisation de son patrimoine, l’étalage de pacotille, la part de pizza hors de prix et les vendeurs grossiers à l’insulte facile. La belle italienne fait tout simplement dans le racolage. 

L’Italie est simultanément vénale et altruiste

En Italie et surtout dans sa capitale, on trouve le pire et le meilleur. Des raviolis industriels vendus à prix d’or et des gnocchis faits maison arrosés d’une sauce au gorgonzola si puissante que c’est à se demander combien de kilos de fromage y sont passés, pour un prix très raisonnable, sur un bout de trottoir, sans chichis.

L’Italie est artificielle et sincère

Ici on vous couvre de compliments, on en fait des tonnes et il vaut mieux ne pas chercher une once de vérité dans ce flot de « bella-bellissima ». Paradoxalement, les échanges les plus riches se passe de mots. Le cuistot qui sort de sa cuisine fumer sa cigarette sur le trottoir, gratifiant son client d’une tape sur l’épaule qui dit à la fois « mange, mange » et « bienvenue, j’ai donné le meilleur de moi-même pour que ce soit benissimo». Il lève le menton, hausse un sourcil ou esquisse l’ombre de l’ombre d’un sourire et s’en va sans salutations.

L’Italie est cossue et sobre

Les monuments croulent sous les dorures, les peintures et une certaine forme de luxure. Les vierges s’abandonnent dans des extases, les Christs dans des souffrances théâtrales, les anges fessus singent l’opulence. Les plafonds sont surpeuplés de drapés, d’ailes et de crosses richement ornées. C’est une avalanche de couronnes serties de pierreries, de cadres lourds dorés à la feuille. Saphir, rubis et émeraudes ruissellent littéralement du décor. Les pauses sont artificielles. Les statues sont figées dans des déhanchés improbables, féminins. Et quelque part au détour d’un chemin poussiéreux, une bâtisse fortifiée, blanche, calcaire, épurée au possible se dresse dans toute sa beauté vernaculaire. Rien d’autre dans la chapelle immaculée qu’une modeste statue de Marie, regardant au loin, pétrifiée dans la simplicité et le calme.

L’Italie est un pays qui se confesse mais ne confie rien

Pour s’approcher de ce trésor de culture et d’histoire, il faut se perdre du Nord au Sud, non pas une fois, mais plusieurs fois. On peut marcher dans Venise un mois entier et continuellement découvrir de nouvelles choses. Pour créer des liens profonds avec elle, il faut aller là où personne ne va, passer du temps dans le silence des villages, observer assidument, chercher la racine, la source.

L’Italie chante, crie et se mure dans le silence

L’Italie donne tout en apparence mais ne livre pas son âme. Elle est multiple, changeante, à la fois chaude et froide, pesante et légère. L’Italie est à la hauteur de nos rêves et si on ne prend pas garde à bien la comprendre, à la hauteur de nos déceptions aussi.

Mille gracie, Ciao !

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